Berlin, the place to be. Une exposition de cette ampleur sur le mauvais goût, personnellement, cela me laisse rêveuse… Et c’est à Berlin que ça se passe.
Le « Musée des objets » de la capitale allemande expose jusqu’au 30 novembre prochain une rétrospective plus de 50 objets estampillés « mauvais goût » prêtés par le Musée National de Wüttemburg.
Cet événement est la première tentative de reconstruire le « cabinet de mauvais goût » de Gustav E. Pazaurek, historien de l’Art qui a théorisé cette vaste notion pendant une grande partie de sa vie. Il a écrit une « encyclopédie de mauvais goût » et son cabinet de Stuttgart est composé de plus de 900 pièces…
En bon théoricien, il a établi un système de classification, repris pour l’exposition et propose un examen des tendances actuelles juxtaposant des objets anciens et une sélection de produits contemporains. Ses objets de mauvais goût sont étiquetés selon le principe d’un « code pénal » des fautes de goût. Selon lui, le mauvais goût ne provient ni du but des objets ni de leur symbolisme mais plutôt de leurs défauts de production, de design ou de leurs « qualités fonctionnelles ». On retrouve ainsi cinq catégories:
1/ Les « erreurs de construction », « de matière » comme des objets de mauvaise qualité, des objets en os humain, en ongles ou en cheveux…
2/
Les « erreurs de design ». On y retrouve les objets trop lourds ou trop légers, inadaptés ou encore les « transposition du plat vers le relief (et vice versa) , comme les représentations de peintures populaires en 3D ou de sculptures de figures individuelles de ces mêmes peintures », à l’instar de ce porte-clé « Edward Munch , Le cri », datant de 1991. Collection Gustav E. Pazaurek, Guter und schlechter Geschmack im Kunstgewerbe, Stuttgart, Berlin 1912
3/ Les « erreurs décoratives ». L’ornementation ostentatoire ou « la décoration brutale » en sont deux manifestations.
Ce téléphone à strasses et pierres précieuses en est un bon exemple: ici, le trop plein n’est pas un euphémisme tant l’ornementation est abondante!
Design: Moeko Ishida, Deco Loco, 2009. Collection Gustav E. Pazaurek, Guter und schlechter Geschmack im Kunstgewerbe, Stuttgart, Berlin 1912
Cette assiette en étain ou « Brutalités du décor » est également exposée. « Si un des deux décors ne respecte pas l’autre et essaye de le détruire en prenant sa place, alors c’est brutal »; Collection Gustav E. Pazaurek, Good and bad taste in Applied Arts, Stuttgart
Reste deux catégories : le « kitsch » et les « erreurs contemporaines » pour que la classification soit complète.
Le mauvais goût comme un système, on le doit à Pazaurek. Presque une bible pour le JDMG. « Si nous voulons discerner ce qui est de bon goût, nous devons d’abord éliminer le mauvais goût »…Et cette fois ce n’est pas moi qui l’ait dit (cf l’Edito)…
Déborah
ndlr: Si un lecteur se rend à Berlin et visite l’exposition d’ici le mois de novembre, le JDMG sera très heureux de voir ses photos ou de lire ses impressions!
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