Tourisme responsable, écologique, équitable, solidaire, tourisme-réalité…derrière cette valse des appellations, quelles réalités? Face à ces nouveaux « modes de consommation » de voyages, surfant sur la vague alter qui déferle aujourd’hui, on est en droit de se demander, au JDMG, ce qui relève du «voyeurisme» d’une démarche saine qui privilégie la rencontre et l’échange. Des favelas brésiliennes aux slum de Bombay, la misère et le voyage clé en main semblent sceller le mariage parfait. Voyager autrement, voir la vraie réalité de la vie des populations, nouveau must des Occidentaux en mal d’exotisme?
Découvrir les populations locales et les respecter, ses arguments sont aussi ceux d’agences touristiques qui font voir la réalité des quartiers défavorisés et ce, un peu partout dans le monde . C’est notamment le cas des bidonvilles en Inde. La compagnie Reality Tours and Travel propose des « slum tours » dans le quartier de Dharavi, à Mumbai. Le but affiché? « Atténuer la mauvaise image de ce bidonville ». Cette même structure affirme reverser 80% de ses profits après impôts à des organisations non gouvernementales locales. Pour 10 dollars, les touristes peuvent faire un « trajet court », deux heures et demi d’« excursion » dans la pauvreté. Après le succès du film « Slumdog Millionnaire », ces formules séduisent de plus en plus de voyageurs. Les favelas du Brésil ne sont pas exempts de cette attraction envers les populations démunies. Favela Tour organise des excursions pour entrevoir la réalité sociale brésilienne. « Très pittoresques vues de loin, on découvre quand on s’en approche, une architecture complexe, une activité commerciale importante et une population sympathique. » Dernier exemple: le quartier de Soweto, à Johannesbourg en Afrique du Sud. Vhupo Tour propose de « passer 4 heures de visite à Soweto, le plus grand et le plus vibrant township d’Afrique du Sud, qui est de plus en plus de devenir l’une des destinations touristiques les plus populaires dans le pays. »
Où s’arrête la découverte historique et culturelle d’un pays et où commence la décence? Certaines alternatives semblent aller dans le bon sens, comme le tourisme responsable. Selon le site Voyageons autrement , « le tourisme équitable et solidaire met au centre du voyage l’homme et la rencontre dans une logique de développement des territoires (implication des populations locales et répartition des ressources générées). »
Depuis une dizaine d’années, le tourisme est pensé différemment alors même qu’il représente une manne financière de premier ordre. Selon les chiffres de l’OMT (Organisation Mondiale du Tourisme), en 2007, les recettes du tourisme international ont atteint 625 milliards d’euros. Un cadre éthique s’est progressivement mis en place. En France, en 2000, la charte Tourisme et Éthique est lancée, inspirée du Code mondial d’éthique de l’OMT . En mars 2004, l’Association des Tours opérateurs Thématiques (ATT) a crée la certification ATR (agir pour un tourisme responsable). Les valeurs défendues prônent le respect et l’implication des populations locales dans le développement en privilégiant les emplois locaux. L’ATR diffuse une charte éthique du voyageur téléchargeable qui offre un rappel de règles simples à respecter en voyage: tenues vestimentaires sobres, prise de photos avec accord, impact des cadeaux…un B-A-BA qui, s’il doit l’être, mérite toujours d’être précisé. Espérons que cela limite déjà quelques dérapages de mauvais goût.
Déborah
Photos: Bertrand Noël
Articles liés:




Sans oublier les chaussettes blanches avec des tongues, où le topless à 60 ans… Un autre style de mauvais goût touristique !